Art du toucher
Le toucher, c’est la vie
Si la peau est la plus efficace de nos protections, à la fois contenant de ce que je suis et frontière par rapport à ce qui m’entoure, le toucher est le premier de nos sens, notre premier outil de communication.
Nous savons tous à quel point il est doux et réconfortant d’être dans les bras d’un ami.
Intuitivement, nous savons qu’être touché est un besoin fondamental pour le bien-être, la santé et la survie même.
Comme toute expérience affective, il laisse en nous des traces indélébiles et provoque de profonds changements dans le corps et l’esprit.
Toucher le corps, c’est :
Aller à l’essentiel de « qui je suis », sans intermédiaire et sans trucage.
Réactualiser ma vision de l’existence, du monde extérieur et me ramener à mon centre intérieur.
M’autoriser une communication authentique et profonde, avec moi-même, avec les autres.
Nourrir le sentiment d’être accepté et aimé… tout en apportant réconfort, sécurité, tendresse et apaisement.
Les bienfaits du toucher sont très clairement démontrés :
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Il améliore l’adaptation à la vie sociale en faisant baisser les hormones de stress et en équilibrant les systèmes nerveux,
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Il accroit l’attention, la vigilance, amène une meilleure perception du schéma corporel…
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Il augmente les capacités immunitaires en drainant , en éliminant les toxines et en renforçant l’estime de soi,
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Il calme les tensions, apaise les douleurs musculaires ou articulaires,
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Il régule la circulation d’énergie,
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Il améliore la circulation sanguine…
Le corps a une mémoire, il se souvient de tout ce qu’il a vécu…
Toute notre histoire s’inscrit dans nos cellules depuis notre naissance ; elle se révèle dans notre posture, nos rides, nos tensions, nos douleurs… nos « mal-à-dits »… Même nos émotions non exprimées s’impriment sur le visage, le cou, la nuque, le dos…
Un évènement qui nous a touché et que nous n’avons pas réglé, digéré influence aussi notre évolution émotionnelle et notre chemin de vie.
Ainsi,
Le toucher respectueux nous invite à l’écoute attentive de notre corps et à l’accueil de ce qui se déroule au plus profond de nous.
Abordé et reçu en conscience, il est révélateur de « qui nous sommes »
et moteur de guérison.
Petite parenthèse sur les recherches scientifiques concernant le pouvoir de guérison du Toucher :
Dans toutes les civilisations anciennes le toucher a joué un rôle important dans la guérison. On a commencé à utiliser des chiens dans les hôpitaux - la zoothérapie - auprès des patients et du personnel.
Au 13e siècle, grâce à l’empereur allemand Frédéric II, il est connu que les bébés peuvent mourir s’ils ne sont pas touchés. Les médecins ont découvert que des enfants dans leur première année de vie mouraient communément d’une maladie appelée marasme, mot grec qui signifie « s’atrophier » et que cette maladie était causée par l’absence de toucher : les bébés que l’on ne touchait pas régulièrement cessaient de s’alimenter et dépérissaient.
René Spitz, psychiatre et psychanalyste, a documenté le fait que durant la dernière guerre mondiale de jeunes enfants sont devenus autistes ou sont décédés suite à des carences affectives physiques. En hôpital, il a surtout permis de comprendre les conséquences d’une privation de la relation à la mère qui va de la dépression à un état polyhandicapé sans langage sans station debout et sans acquisition de la marche.
Plus récente, une étude menée par l’anthropologue, Ashley Montaigu, révèle que les enfants privés de toucher affectueux en ressentent les conséquences dans leurs os : de petites lignes de croissance retardée, appelées lignes de Harris, apparaissent à l’extrémité du tibia et du radius.
Et il ne faut pas croire que le besoin d’être touché diminue avec l’âge. En fait, les recherches continuent et révèlent que le toucher est essentiel pour le bien-être physique et émotionnel. Être touché régulièrement peut allonger la durée de vie et diminuer le nombre de visites chez le médecin ou chez le psy.
Dean Ornish est le médecin qui a le plus contribué a ouvrir le regard du corps médical sur la liaison corps-esprit. Dans son livre « Love and Survival » il constate que des centaines d’études démontrent la valeur et le pouvoir guérissant du toucher. Suite à ses recherches, Dean Ornish affirme :
« Si un nouveau médicament avait le même impact (que l’amour), tous les médecins du pays le recommanderaient. Ce serait une faute professionnelle de ne pas le prescrire. »
Au début des années 80, il crée l’Institut de recherche de médecine préventive de Sausalito, en Californie et travaille sur un groupe de 48 personnes souffrant d’athérosclérose signalée : bonnes pour la table d’opération. Il démontre qu’on peut guérir un système cardio-vasculaire sclérosé en changeant de mode de vie : méditation, exercices physiques et, surtout, régime alimentaire spécifique. Au début, toute la profession éclate de rire. Mais dès 1991, le traitement s’avère si efficace qu’une cinquantaine de compagnies d’assurance acceptent de le rembourser. Ornish prouve en somme que, même malades, nos vaisseaux sanguins demeurent des entités vivantes, en rien comparables à des tuyaux inertes. Ornish fait la une des grands journaux. En 1993, son livre « Le Programme Ornish d’inversion des maladies cardiaques » devient n° 1 des best-sellers du « New York Times ».
Au Touch Institute de Miami des bébés prématurés ont reçu trois massages attentionnés chaque jour pendant dix jours. Ces bébés ont gagné du poids 47% plus rapidement que les bébés n’ayant pas reçu de massage. Ainsi, ils ont quitté l’hôpital six jours plus tôt permettant des économies de $10,000 par enfant. Ce sont des chiffres étonnants.
Ce qui est possible pour des bébés l’est aussi pour des adultes. Des patients qui étaient sous surveillance continuelle à l’unité des soins intensifs d’un hôpital à cause de battements de cœur irréguliers ont connu une régulation significative du rythme cardiaque, simplement parce qu’ils avaient été touchés lorsqu’on prenait leur pouls. Chez certains patients ce simple toucher a réussi à supprimer complètement les battements irréguliers !


